Vendredi 6 novembre 2009



Bien sûr, vous connaissez Andorre, Andorra la Vielha. Cette principauté domine les catalognes française et espagnole du haut de ces belles Pyrénées orientales.

Paradis des skieurs, paradis des randonneurs en été, "au bonheur des dames" toute l'année, paradis des consommateurs de tabacs, d'alcools et d'électronique en tout genre.

Et puis enfer tout de même pour tous ceux qui saturent, même en France, de cette société de consommation qui limite considérablement la liberté de la plupart d'entre nous.

Dans ce "micro pays", après de longues journées à tutoyer les sommets et à glisser d'une vallée à l'autre, un intermède d'une demie journée me permit de découvrir un petit coin de paradis, au sens propre comme au figuré du terme.

Je pensai traverser Andorre jusqu'à l'Espagne, mais je m'arrétai à Meritxell.

Dans ce petit village, la légende raconte que au XIIème siècle, au cours de la procession du 6 janvier, célébrant la fête des Rois, les habitants trouvèrent sur leur chemin enneigé un bouton de rose sauvage, miraculeusement fleuri, et au pied de cette fleur, la statue d'une vierge à l'enfant.

Ils ramenèrent la statue au village mais dès le lendemain, elle avait regagné seule l'endroit où on l'avait trouvée. Les villageois y érigèrent une chapelle commémorant ces miracles.

En 1972, la chapelle fût détruite par un incendie et en 1976, le célèbre architecte catalan, Ricardo Bofill, entreprit sa reconstruction telle que vous la découvrirez sur les images qui suivent.

J'ai d'abord choisi des images horizontales qui s'adaptent mieux aux écrans d'ordinateurs, mais j'ai dû rapidement intégrer des images verticales qui traduisent l'immense spiritualité qui se dégage de cette architecture illuminée !

Alors si, dans le meilleur des cas, vous allez skier à Andorre, et même si vous y allez pour acheter de l'alcool, du tabac ou ce que vous voulez, allez donc expier vos pêchés à Meritxell et cherchez donc le bouton de rose !

















































































































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Mercredi 19 août 2009

 EAU       AGUA


clara     turbia     oscura     luminosa

preciosa     suave     dura     ardiente

cósmica     fría     agradable     efervescente





 

Imaginez un immeuble dont la base aurait la forme d’une goutte d’eau.


Imagine un edificio cuya base tendría la forma de una gota de agua.







Imaginez une tour de 22 étages qui semblerait défier les lois de l’apesanteur.






Imagine una torre de 22 pisos que parecería desafiar las leyes de la ingravidez.







Imaginez un couloir ascensionnel, en forme de spirale, dans lequel tout le monde irait dans le même sens, vers le haut.







Imagine un pasillo ascensional, en forma de espiral, en el cual todo el mundo iría en el mismo sentido, hacia arriba.







Mu par une obsessionnelle, quasi hypnotique volonté de s’élever au dessus.








Movido por una obsesiva, casi hipnótica voluntad de elevarse por encima.







Des parois de verre laissent passer la lumière naturelle, intense en été dans la plaine aragonaise.


Paredes de vidrio dejan pasar la luz natural e intensa en verano desde el llano aragonés.







Les reflets de l’Ebre amplifient les rayons sur la façade de la tour.


Los reflejos del Ebro amplían los rayos sobre la fachada de la torre.






 

A l’intérieur, dans ce fût évidé de 76 mètres de haut, une sculpture, en suspension, Splash, une goutte d’eau en désintégration, sur une hauteur de 21 mètres.







En el interior de este tonel abierto alto de 76 metros, una escultura, en suspensión, Splash, gota de agua en desintegración, en una altura de 21 metros.

 







Et ce parcours ascensionnel, qui à chaque pas vous propose un éclairage différent,
et à chaque hauteur, un point de vue nouveau.

Y este trayecto ascensional, que a cada paso propone una luz distinta,
y a cada altura, un nuevo punto de vista.








Une élévation épanouissante qui révèle l’œuvre. 

Una elevación despejante que revela la obra. 






Une quête, une contemplation du génie de l’homme et de son insolence aussi.



 




Una búsqueda, una contemplación del genio del hombre y de su insolencia también.








C’est un autre couloir qui descend, on ne croise jamais personne, sur les parois de cette tour de l’eau.  

Es otro pasillo el que desciende, nunca cruzamos a nadie, en las paredes de esta torre del agua.







Tout le monde marche dans le même sens et vit ensemble cette expérience, ce parcours inédit.

Todo el mundo anda por el mismo sentido y vive junto esta experiencia, este recorrido inédito.







Le bâtiment abritant la sculpture survit à l’Exposition Internationale de 2008 et offre une raison de plus pour visiter Saragosse, Caesar Augusta, la bien nommée.

 

El edificio que abriega la escultura sobrevive en la Exposición Internacional de 2008 y ofrece una razón demás para visitar Zaragoza, Caesar Augusta, bien nombrada.




   



Merci à Ana Mari et Juan, à Maria et Jesus, pour nous avoir facilité l’accès à l’Expo 2008 et à la Torre del Agua.

 

Bonne visite.

 

 

Gracias a Ana Mari y Juan, a María y Jesus, por habernos facilitado el acceso a la Expo 2008 y a la Torre del Agua.

 

Buena visita.



P.S. :

Il reste au photographe cette frustration intense, le sentiment  de n'avoir pas réussi à maîtriser son sujet, à capturer l'objet, à cerner photographiquement l'oeuvre.

Il doit en être pour les images comme pour les mots ; il est des réalités qui ne sont pas disibles, et qu'aucun appareil photo ne capturera mieux que l'oeil.

Plutôt rassurant, non ??

Le queda al fotógrafo esta frustración intensa, el sentimiento de no haber conseguido dominar el tema, capturar el objeto, cercar fotográficamente la obra. Debe ocurrir para las imágenes como para las palabras; hay realidades que no caben en palabras, y que ninguna cámara de fotos no capturará mejor que el ojo.

¿y ojala sea así, no??


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Jeudi 16 juillet 2009

L’osier, le « vime » en Gironde.

 

Salix, en fait, alba, triandra, cinerea, purpurea ou viminalis, on ne parle que de  jeune pousse de saule. Cette branche souple a d’abord fait le bonheur des vanniers qui rivalisent d’ingéniosité pour fabriquer toutes formes de paniers.

En Gironde, cette plante a vite trouvé une utilité dans la viticulture. Sa flexibilité était toute indiquée pour attacher et maintenir les ceps de vignes contre leur piquet, les « marquants » ou les « carassones ». De plus, ses qualités de végétal naturel le rendaient biodégradable, il n’étouffait donc pas le pied de vigne dans sa croissance. Enfin les tonneliers l’utilisaient pour lier les cerclages en bois des barriques.


Cette plante m'est très familière car dès mon enfance, à l'époque où l'on entretenait les haies et les futaies entre les parcelles de vigne, elle offrait un instrument de jeu intéressant. Elle permettait notamment aux enfants de fouetter chiens, chats et copains. Mais là en général, ça finissait mal !

Plus tard, en hiver, les vimes au bout des rangs de vigne, permettaient de transporter d'énormes fagots de sarments sur le dos jusque dans les allées pour les faire bruler.

L'ensemble de ces références font du vime une plante particulièrement riche et je regrettais sa quasi disparition de nos allées. Je proposais donc à mon père d'en planter le long d'un fossé de drainage afin d'en consolider les bords. Et là a débuté une expérience inédite pour moi, l'homme agissant sur la nature, l'artiste façonnant un objet naturel, et cette plante, contrainte par la main de l'homme, torturée, se vidant de sa sève.

En effet, en fin d'hiver, au moment de la taille, j'ai entrepris de tresser, sur pied, à vif, les branches de vime. Très vite, elles se sont mises à pleurer, à saigner. Leur sève incolore à enduit mes doigts qui se sont rapidement crispés par manque d'exercice.

La force de cette contrainte que j'appliquais à la plante et les larmes s'écoulaient impliquaient une sensation de douleur. Je me suis alors demandé si ça valait la peine de "faire souffrir" la plante pour une expérimentation land art très hasardeuse. J'ai continué. L'expérimentation n'est pas terminée mais les premiers résultats semblent intéressants.

Les premières images en noir et blancs ont été prises à l'oseraie de Barie, près de la Réole, dans une zone humide en bord de Garonne.

Les suivantes, en couleur, montrent l'osier sur pied, les premières tresses après la taille d'hiver, et les repousses de printemps.

Cette première expérimentation land art ne restera pas sans suite. A bientôt donc.

 






















































































































































Voilà. Si cette expérience vous intéresse, ces osiers sont visibles en Gironde. Contactez-moi.

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Mercredi 1 juillet 2009

La corrida est une manifestation troublante dans la mesure où elle part d'un rituel issu de la civilisation méditerranéenne et elle y mêle une véritable performance sportive doublée d'une esthétique très riche.

Cette chorégraphie ambigüe confrontant l'Homme à la force animale et divine du Minotaure nous trouble car elle nous confronte aussi à la mort, celle de l'animal et la nôtre.

Il est vrai que dans notre 3ème millénaire occidental et sur une planète qui souffrira bientôt de surpopulation, l'animal domestiqué compense auprès de nombreux humains ce paradoxal sentiment de solitude, ou cette difficulté croissante à supporter nos semblables. J'entends par là que compte tenu du rapport que nous entretenons aujourd'hui avec les animaux, je comprends qu'il ne soit pas évident d'éprouver du plaisir face à leur souffrance et leur mort.

Ce processus est complexe, riche et subtil. On ne peut pas le réduire à de la cruauté et à du sadisme, il fait intervenir tant de références constitutives d'une personnalité comme d'une culture.

Je ne me crois pas capable de développer ces éléments par écrit, je reste par contre à la disposition de ceux qui voudraient en savoir plus et en discuter de vive voix.

Pour ce qui est du rendez-vous de La Brède, le 20 juin dernier, j'étais certes "en manque" de corrida mais j'ai cependant trouvé l'élevage de grande qualité, et les trois lidiadors, Julien Lescarret, Fernando Cruz et Joselito Adame particulièrement en forme. De plus, la petite place de La Brède, que je découvrais à cette occasion, offre une proximité qui optimise la prise de vue photographique.

La chronologie du rituel voudrait que je vous présente les images dans l'ordre des tercios, celui de la pique, celui des banderilles et celui des faenas.

Je préfère modifier cet ordre et terminer par les images qui pourraient heurter certaines sensibilités. Je positionnerai en évidence un avertissement dans les brefs commentaires pour ceux qui ne souhaiteraient pas terminer la visite.

Bonne corrida et bravo aux organisateurs de La Brède !











Je vous livre le cartel de cette corrida du 20 juin à La Brède, qui nous donne les trois matadors invités avec leur "pédigrée" et dans l'ordre de passage.

Chaque matador combattra deux toros, chacun à tour de rôle. Ce sont donc six toros qui piétineront le ruedo, selon le tirage au sort ci-joint.











Les trois matadors :




Julien Lescarret, le pessacais.








Fernando Cruz, le madrilène.








Et Joselito Adame, le mexicain.









L'Alguacil (officier de cérémonie), reçoit les clés du toril des mains du Maire de la commune, et est garant du déroulement de la corrida dans les règles de l'art.








Le mérite du matador est proportionnel à la valeur du toro qu'il combat. De fait, les amateurs de corrida viennent d'abord admirer la corpulence et la bravoure du toro.











 

 

Quand le toro sort dans l'arène, il est en pleine possession de ses moyens, on observe sa vaillance, sa force et sa bravoure.

 

 









Ce toro a subit les tercios des piques et des banderilles. On a testé sa combativité et on l'a aussi affaibli. Ses réactions sont désormais imprévisibles et le combat avec le matador n'en est que plus dangereux.









Julien Lescarret invite le toro au combat.





 

 

 

 

 

 

 








































On prépare le tercio des banderilles.




















Fernando Cruz combat en chaussettes.























 

 

Joselito Adame invite le toro au combat.

 

 

 

 

 






























ATTENTION : Les photos qui suivent montrent les toros qui chargent sur les piques, les poses de banderilles et les mises à mort. Ces images peuvent heurter certaines sensibilités.






























Protection des chevaux de pique.




















Los peones posent les banderilles.




















Le Maestro, Joselito Adame, à la demande du public, pose lui-même les banderilles à son deuxième toro.














Julien Lescarret prépare l'estocade.














Julien Lescarret attend l'effondrement de son toro.





 

 

Vuelta de Julien Lescarret.

 

 

 

 

 







Fernando Cruz prépare l'estocade.















Fernando Cruz brandit les deux oreilles de son deuxième toro.








Estocade de Joselito Adame.













Vuelta de Joselito Adame avec les deux oreilles de son deuxième toro.








Sortie en triomphe, a hombros, et par la puerta grande des trois matadors.


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Lundi 25 mai 2009

Une œuvre métallique en prise avec son environnement végétal.



J'ai rencontré l'œuvre de Jean-François Buisson sur la place des Quinconces en juin 2000, à l'occasion d'un salon sur l'environnement. Il y avait recyclé un arbre bicentenaire déraciné par la tempête de 99.

Cet arbre géant, abattu par les éléments, avait été pansé, consolidé, réparé par des plaques métalliques, et de ses bras étendus pendaient, tels des mobiles, plusieurs éléments de décoration comme ce fauteuil à la fois agressif et accueillant. Il est encore aujourd'hui exposé, sans ses extensions, devant l'immeuble Concorde, quai de Bacalan.

Le sculpteur avait investit l'entrée Est de la base sous-marine à Bordeaux Nord et ce lieux aiguisait encore plus ma curiosité. Je n'ai jamais réussi à le rencontrer dans ce vestige de la 2ème guerre mondiale. Je suis devenu un adepte du restaurant le H36, au bord des bassins à flot, uniquement pour y admirer les tables, chandeliers, lustres, conçus par Jean-François Buisson.

La recette est toujours la même, mais on ne s'en lasse pas : des objets métalliques et mécaniques récupérés, rouillés et assemblés, connaissent une deuxième vie totalement insolite et imprévue. Ainsi, les vilebrequins deviennent lampes sur pied, les embrayages, hublots, les godets de pelleteuse, canapés. Toute la magie réside dans l'art de la découpe et de la soudure. Nul doute, Jean-François Buisson est bien un virtuose de la forge, un orfèvre de la soudure, sensible à l'environnement qui l'entoure.

J'ai suivi son œuvre jusqu'à l'église Saint Paul, rue des Ayres, où il a installé un lustre monumental, et je l'ai même retrouvée chez un coiffeur de Saint Pierre, rue du Pas Saint Georges.

Et puis récemment, par hasard, j'ai découvert que l'atelier de l'artiste avait déménagé place Raulin à Bacalan, avec un espace public qui lui permet d'exposer ses œuvres, offertes au passant. Je n'ai pas résisté à la tentation de les photographier, et avec l'accord du sculpteur, je vous les livre dans cette page.

Je n'ai toujours pas rencontré l'artiste, cela ne saurait tarder. Mais en attendant, je trouve particulièrement passionnant de le chercher à travers son œuvre dont je suis loin d'avoir terminé l'exploration.

Voici une première série de photos, d'autres suivront.

Bonne visite.







Place des Quinconces, juin 2000.





     























     























     























     





     





     





     





     











     





     
















































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